articles·Réflexions

Cavalcade des blogs #Octobre 2017

Promis, la série d’article sur la Bolivie va reprendre dès la semaine prochaine, mais je tenais à participer à la Cavalcade des Blogs du mois d’Octobre, organisé par ce mois ci par d’un cheval l’autre dont voici le blog

La Cavalcades des Blogs ? 
La cavalcade des blogs est une idée de Cheval facile. Le but : chaque mois, un thème. N’importe qui peut participer et rédiger un article correspondant à ce thème. Chaque mois, un blog différent organise, ce qui permet d’avoir des thèmes très variés et toujours novateur. Ce mois-ci, c’est d’un Cheval l’autre qui l’héberge.

Mon autre participation : 
Le cheval idéal 

Le thème de ce mois ci : la définition de l’athlète heureux (ou du cheval actif heureux) 
Comme beaucoup le savent désormais, en ce moment, Black est loin d’être actif mais ce thème correspond parfaitement à un jument qui vient de devenir vraiment active. Et qui semble s’y plaire ! 
A pied pour au moins un mois, mon coach m’a proposé de bosser une jument qu’il venait d’acheter. Le but, en faire une bonne jument de club, polyvalente et bien dans ses baskets. Jusque là, rien de très sorcier, jusqu’à ce qu’on me parle de la bête : Baronne, 6 ans, 1m60, Cob x halfinger. Juste débourrée, avec seulement quelques balades (au pas) à son actif. Là tout de suite, après Kiki, aucun cheval ne me ferait moins envie. Je pars donc la chercher au champs, en freinant des quatre fers. Je l’attrape sans difficulté mais le retour est plus compliqué. Elle avance au pas moins vite qu’un shetland et je finis les deux pieds dans le fossé, parce que madame a eu envie de brouter et ne s’est guère souciée de mes protestations. J’en ressors, vexée et pleine d’apriori. A l’attache, elle ne tient pas en place mais se laisse seller sans broncher. Je décide de la longer un peu dans la carrière. Erreur, chère amie, je finis assise sur les fesses, trainée tout droit par un tonneau obèse qui n’a pas compris que le principe de la longe c’était de décrire un cercle autour de moi. Je l’emmène donc dans le rond de longe où je m’évertue à la faire trotter. Je monte une petite croix, histoire qu’elle fasse un peu attention à où elle met les pieds, mais c’est une nouvelle fois un échec, elle défonce la croix et s’étale dans le tournant suivant. Ok, alors si j’avais la moindre envie de monter dessus, là au moins c’est réglé. Je finis tout de même par monter dessus. La direction ? Il n’y en a pas. L’impulsion ? Non plus. Parfait. On part faire un petit tour dehors avec une amie, la jument est vaillante, passe partout, mais elle est très lourde et sembler avoir bien du mal à se porter. Toute façon, je n’ai pas le choix, c’est elle ou rien, alors pourquoi pas. 
Le lendemain, je prend un stick, vais la chercher au champs et elle m’accueille en hennissant. Serait-elle contente de me voir ? Sur le chemin du retour, au pas j’en profite pour lui inculquer quelques bases. Non on ne bouscule pas, oui tu dois respecter mon espace vital, si je m’arrête tu t’arrêtes, oui cette pression de longe veut dire quelque chose. Elle comprend tout très vite et je me dis que finalement, tout n’est peut pas perdu. Séance de longe au programme, je m’étonne de ses facultés. Pas besoin de répéter 15 fois la même chose, une explication, deux essais et l’exercice est acquis. Elle semble se jouer de toutes les difficultés proposées et sa bonne volonté me laisse sans voix. C’est loin d’être la brute sans cervelle que j’imaginais. Ce soir là, j’envoie même un message à l’un de mes meilleurs amis : « Cette jument, elle va faire partie de ces chevaux qui ont changé ma vision de l’équitation et elle va me secouer plus que je l’imagine ». 
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Et c’est le cas. Les séances s’enchainent. Elles sont dures pour elle, qui part avec un vrai handicap physique. Mais ce n’est pas grave. Tous les jours elle hennit en me voyant arriver, elle vient attendre à la barrière, son pas se fait de plus en plus actif. Elle apprend à respecter l’humain, à ne pas bouger à l’attache, à tirer mon vélo, à ne pas bouger au montoir, à décrire des cercles bien ronds en longe, et avec une rapidité déconcertante, elle apprend les rouages de l’équitation.
Monté, tout va bien plus vite que je ne le pensais. Elle est très légère dans la bouche, elle trotte de plus en plus facilement. Le galop reste difficile, pas grave, on va le travailler sur les grèves en ligne droite, car il est difficile pour elle de se plier. Elle galope alors franchement, heureuse même, comme le prouve ses coups de dos maladroits qu’elle met lors des départs. En à peine trois séances, elle sait reculer, faire des cessions, déplace ses hanches et réalise même des épaules en dedans. Elle surprend, par sa bonne volonté, sa bienveillance et son envie de bien faire. Elle me pardonne mes erreurs, et fait fi de mes imprécisions. Rien ne semble lui poser problème. Elle est intelligente et bien dans sa tête. Elle ne va pas être qu’une jument de club, elle va être bien plus. 
On tente de sauter un peu. Pas gros, à peine 50 cm, juste pour voir sa réaction. Sa quoi ? Elle ne regarde pas, et dès la première séance on enchaine, au trot, un petit parcours de 5 obstacles. Elle est franche, droite, sûre d’elle, même si elle ne semble posséder aucun talent à l’obstacle et fait souvent tomber la barre. Qu’importe. La deuxième fois, on enchaine au galop, et cette fois-ci, elle se déclenche un peu et saute, avec toujours autant de franchise. Elle fait plus attention aux barres et n’en fait tomber qu’une. 

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On décide alors de la débourrer à la voltige. Comme si on pouvait parler de débourrage. Une fois de plus, elle semble avoir fait ça toute sa vie. D’un calme olympien, elle nous regarde du coin de l’oeil nous agiter sur son dos, attendant patiemment que l’on est fini de nous tortiller. 
Une après-midi, je décide de faire une séance entière à pieds, juste pour voir, dans la carrière. C’est le jour de la révélation. Elle n’apprend rien ce jour là, elle joue. Ses yeux pétillants ne me quittent pas du regard, elle copie chacun de mes gestes. C’est une évidence. Elle suit à la trace au pas et au trot, elle part sur le cercle, elle revient, elle se désengage et attend que je vienne la rechercher. Elle recule et revient, tel un yoyo, part en cessions, comme si elle avait fait ça toute sa vie. En à peine trente minute, ça y est, indéniable. De nous deux, l’élève, c’est moi.
Cela fait à peine un mois qu’elle travaille vraiment. Un petit mois et déjà, la jument que j’étais allée chercher dans son champs la première fois me semble si loin. C’est comme si on lui avait enlevé 30 kilos d’un coup. Cette jument, c’est une pépite tombée du ciel. C’est le cheval d’une sagesse immesurable que rien ne semble faire douter. C’est cette être, un peu esseulée, qui demandait juste un petit peu de temps et que quelqu’un décide enfin de croire en elle. 
Je pense qu’elle est la preuve vivante qu’un cheval actif, avec un travail diversifié et stimulant intellectuellement est plus heureux qu’un cheval, au champs certes, mais ne disposant d’aucune distraction. 

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J’espère que cet article t’as plu et à bientôt ! 
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4 réflexions au sujet de « Cavalcade des blogs #Octobre 2017 »

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